09.04.2007

Cham en-nessim

Une petite note culturelle en ce traditionnel lundi de Pâques, fête chrétienne.

En Egypte, tous les  égyptiens (musulmans et coptes) célèbrent aujourd'hui le Sham en-Nessim (“senteur de la brise” ou "smelling the breeze" plus évocateur je trouve). C'est une fête égyptienne d'origine pharaonique, qui a lieu le premier lundi après la Pâque copte. Cela représente un peu la fête du Printemps et de la renaissance.

A cette occasion, on mange du poisson fumé tel que le hareng ("ringa" bil a3meya). Et surtout un poisson très salé semi fermenté et séché qu'on appelle feseekh (cela rappelle un peu le Nuoc Mam). Je n'ai pas eu l'occasion de goûter encore. En tout cas c'est la spécialité que l'on mange ce jour-là.

C'est donc un jour férié pour tous ou presque. N'exagérons rien, beaucoup travaillent quand même. Et Vincent aussi ! 

Bon lundi de Pâques à tous (ce qu'il en reste).

 

Réflexion sur la mendicité

Comment réagir face à la mendicité des enfants ?

Voici une question qui se pose et je dirais même qui s’impose à nous en Egypte.
Il y a un grand nombre de mendiants, parmi lesquels des tout jeunes enfants, qui parfois vous prennent par le bras ou par le vêtement, doucement. Ils ont faim, ils sont pauvres, leurs parents ont besoin d’eux pour survivre, incontestablement.

Nos principes et nos repères, à nous chanceux qui avons grandi en France, nous enseignent et nous murmurent qu’il ne faut pas donner d’argent aux enfants. À choisir, en effet, je préfèrerais leur apporter le bien-être sous une autre forme. Mais que puis-je leur offrir en quelques instants seulement ? Un regard, un sourire et quelques paroles affectueuses, certes ! C’est ce que je fais. Un stylo, un cahier ? Il faut alors prévoir le nécessaire lors de ses déplacements (plus contraignant au quotidien). De la nourriture ? Elle est en général la bienvenue, vu leur gabarit. Mais au final, pourquoi ne pas leur donner un peu d’argent ?  Il me semble d’ailleurs que cet argent est remis souvent à leurs parents. Nous avons moins de mal à donner aux adultes, mais la pauvreté touche les petits et les grands.

Je me dis que ce qui notamment m’empêche de donner de l’argent aux enfants, c’est l’idée que cela pourrait les asseoir dans cette position ou bien qu’ils nous associent définitivement à des porte-monnaie. Mais honnêtement, comment quelques livres égyptiennes pourraient-elles influencer leur quotidien et leur avenir ? Malheureusement, avec ou sans notre aumône, en quoi leur destin serait-t-il différent ?

Je remarque que j’ai un tout petit peu moins de mal à acheter les petits riens ( les paquets de mouchoirs en papier par exemple) qu’ils vendent aux passants. Pourtant, est-ce que pour autant j’ai envie de cautionner le travail des enfants ? Non. Cela dit, il m’est quand même douloureux de le faire, mais disons que cela rend l’échange plus facile.

Une chose est sûre, c’est qu’il est difficile parfois de trouver les bons outils pour réagir dans ces situations, avec des repères et des symboles qui sont si différents d’un pays à l’autre !

Après avoir évoqué cette question hier soir avec F&F B sur Skype, nous avons conclu que l’avis d’Egyptiens de notre âge et plus âgés dans notre entourage serait précieux.

Peut-être vous êtes-vous fait cette réflexion lors de voyages dans certains pays ? Le vivre au quotidien appelle d’autant plus à y réfléchir que les interactions avec les gens et le pays sont plus nombreuses (et plus riches !!)


04.04.2007

Du nouveau sur mon site web.mac.com

Au fait, je ne vous ai pas dit juste avant, mais je suis partie avec Vincent à Louxor pendant 5 jours du la semaine dernière. Ce n'était pas prévu, mais comme Vincent a été envoyé là-bas pour faire cinq reportages pour la télé OTV, avec une petite équipe,  et du coup, je n'ai pas hésité à l'accompagner. Je n'avais pas vu Louxor depuis 1993. C'est magnifique et les saïdis sont gentils comme tout.           

Pour moi, c'était vraiment sympa de voir une équipe télé travailler, de les suivre. Du coup, j'ai pu prendre des photos en prenant mon temps. 

Et puis, au même moment, ma maman et ma tata y étaient, du coup on a pu se voir là-bas aussi. 

 

J'ai depuis mon retour enrichi mon site de photos d'Egypte. Retrouvez des photos du Caire, des oasis et de Louxor sur :

http://web.mac.com/annecharlotte.chaput/

Bon voyage !

A +

 

Première titine !

Salut !

Bon, ça fait trois fois que j'essaye d'écrire la même note depuis hier et à chaque fois il se passe un truc. Je perds tout...Argh !

Cela fait donc un mois que je n'ai pas mis les pieds sur mon propre blog ! J'avais promis des photos de notre titine, alors en voici deux petites prises par ma mère devant les bureaux d'OTV, où Vincent s'était garé.

Son p'tit nez ;o)                    medium_P1020830.3.JPGmedium_P1020829.2.JPGSon p'tit cul 

 

 

 

Vous allez me dire, c'est quoi cette voiture ? C'est un jouet ? C'est quelle marque ? Inconnu chez nous. Peut-être pas quand même. Bref, ici, la Nubira de Daewoo (la nôtre donc) a la cote. On a donc réussi à poursuivre notre destin de bobo jusqu'en Egypte !!  On tombe pile dans les canons de beauté pour les voitures...Non mais surtout, elle est parfaite pour la conduite en ville (automatique en tre autres choses). Merci encore à Ola (ma copine et collègue) et à son papa de nous avoir permis d'obtenir cette bonne affaire. 

Bon je vais faire plus court parce que ça m'ennuie de me répéter. En tout cas je disais aussi que j'avais écrit une note sur l'univers automobile au Caire, il y a plusieurs semaines, et je l'avais laissé de côté. Voici ma vision d'alors.

Le Caire sans véhicule c'est fatiguant. Il y a un trafic ininterrompu et les taxis sont tous ou presque aussi pourris les uns que les autres. Ajouter au trafic l'obligation de se déplacer régulièrement en taxi et vous comprendrez l’envie d’avoir sa propre voiture. Dans ces pittoresques taxis noir et blanc du Caire, on ne peut éviter de sentir les pots d'échappements alentours, les odeurs diverses laissés au fil du temps sur les fauteuils du véhicule, le relief et les irrégularités de la route (les trous alternent avec les buttes), la carcasse de la voiture (certains taxis sont tellement défoncés que lorsque le conducteur freine, la tôle plie sous nos pieds), le bruit et l'air en général (car souvent les vitres ne se remontent plus). L’idée de se réfugier dans sa propre voiture est tentante. Mais ce n’est pas si simple. Encore faut-il se lancer, oser entrer dans cette course frénétique. En observant la route, j’ai réalisé que le motif et le rythme des voitures sur l’asphalte me rappellait le jeu Tetris ! Chacun essaiye de combler le moindre espace lui permettant de se frayer un chemin entre les différentes files, pour dépasser autant de voitures qu’il le peut. Certains, plus sages, se laissent tranquillement dépasser, klaxonner, effleurer, en conservant leur allure et leur file.

Ici, on peut noter quelques règles de conduite introuvables dans un code de la route ! Celui qui a la plus grosse voiture a toujours raison mais cela dit, cette règle ne s’applique pas qu’ici. Deuxième règle : d’abord on fonce, ensuite on réfléchit. Par exemple, lorsque deux voitures sont engagées dans une rue un peu étroite en sens contraire, en principe aucune ne s’arrête pour laisser passer l’autre (et ce n’est pas un panneau pour la priorité qui les départagerait) ; c’est seulement lorsque les voitures sont nez à nez que les deux conducteurs klaxonnent, que les chauffeurs s’interpellent et que celui qui crie le plus fort ou qui a la plus grosse voiture gagne. L’autre fait marche arrière ou se serre sur le côté.

Après quelques mois, on finirait presque par oublier l’intérêt des clignotants, des phares, des rétroviseurs et des essuie-glaces. J’exagère un peu mais en tout cas, les taxis ont peine à réunir toutes  ces pièces en même temps sur un même véhicule. C’est surprenant mais en fait, ce n’est sans doute pas qu’ils n’en ont pas besoin mais qu’ils n’ont pas les moyens de maintenir leur véhicule en état. C’est la débrouille quoi ! Je dirai même la survie.

J’ai remarqué que la plupart des conducteurs n’utilisent pas les lumières comme nous, mais je n’ai toujours pas compris leur logique. Lorsque la lumière baisse, ils roulent très souvent tous feux éteints, mais juste avant de croiser un véhicule, ils mettent leurs pleins phares. De quoi aveugler les gens qui arrivent dans l’autre sens et éventuellement leur faire un écart dangereux. Il faudra que je redemande à quelqu’un de m’expliquer ça.
En ce qui concerne les rétroviseurs, ils disparaissent paraît-il assez vite, alors mieux vaut penser à les rabattre pour rallonger leur durée de vie. Mais je ne veux pas dire que tout le monde conduit comme ça. En fait, je crois que c’est surtout tous les gens pour qui la route occupe la majeure partie de leur temps, pour qui c’est un gagne-pain ou le métier, qui ont cette conduite particulière. Il s’agit essentiellement des taxis, des transporteurs routiers et des autobus. La route c’est leur domaine, et d’ailleurs, ils se parlent souvent d’un véhicule à l’autre pour demander la route, une cigarette ou de la monnaie. Il ne manquerait plus qu’ils s’offrent le thé ! En tout cas, une fois j’ai pris un taxi qui s’est arrêté pour prendre de l’essence (enfin, les taxis noir et blanc roulent très souvent au gaz) et il est reparti avec un verre de thé brûlant ! Il ne s’est pas brûlé et le thé n’est pas tombé. Ce sont des acrobates de la route !
Pour finir sur une note un peu triste, V et moi avons parfois du mal à supporter la misère ambiante et les difficultés affrontés sans cesse par la population, la survie quoi. C'est désarmant. Et nous avons la part belle nous les étrangers ici (si Sarko me lisait...). D'ailleurs, un article d'Al Ahram hebdo de la semaine du 21 mars titrait "Les étrangers dans leur propre pays" en parlant des étrangers en Egypte. C'est vrai que nous vivons beaucoup mieux que la majorité des Egyptiens, que nous sommes privilégiés, mieux traités. Pour ne citer qu'un exemple, lorsque les policiers font des contrôles routiniers sur la route (c'est fréquent), ils ne nous stoppent jamais mais nous font signe de passer.  Par contre, tout Egyptien qui prend la route en direction de Louxor, Sharm El Sheikh ou toute autre ville touristique sans autorisation prouvant la raison de son voyage, se voit reconduit, emmené au poste, gardé à vue, etc. Horrible.

Et malgré tout cela, ils restent vraiment gentils et accueillants envers nous.

 

07.03.2007

Oum ed dounia ou la mère du monde

Je voulais vous faire partager un article publié sur le site Lepetitjournal du Caire fin 2006, qui s'intitule "l'identité cairote en questions" :

http://www.lepetitjournal.com/content/view/8719/1291/

Bonne journée !

Ash